Des abeilles pour surveiller la qualité de l’air

Parce que les abeilles sont d’excellents bio-indicateurs et qu’elles sont très sensibles à la qualité de l’air, l’aéroport de Lyon (France, sud) a installé dix ruches contenant environ 45 000 abeilles chacune. Le but est de tester la pollution atmosphérique à proximité des pistes. Ce dispositif d’analyse physico-chimique de l’air est le premier mis en place dans un aéroport en Europe. Confiées à un apiculteur de la région, chargé de l’entretien et de l’exploitation du rucher, dix ruches, contenant chacune 40 000 à 50 000 abeilles, ont été alignées dans l’herbe en bout de piste de l’aéroport de Lyon, à l’abri du vent du nord, pour tester la qualité de l’air. Les habitacles des insectes cobayes ont été équipés de trappes à pollen pour prélever cette substance sur chacune d’entre elles. Il s’agit de sortes de peignes chargés de brosser les pattes des butineuses lors de leur passage dans la ruche. Les insectes visitant des milieux variés au cours de leur butinage, elles sont susceptibles d’entrer en contact avec des polluants et le dispositif permettra d’identifier les polluants industriels qui contaminent les insectes tels que, par exemple, plomb, zinc, et hydrocarbures. Le dispositif permettra également de «mieux appréhender les phénomènes de bio-accumulation à l’intérieur d’une ruche (…), d’étudier de manière plus approfondie le comportement de certaines molécules contaminées», selon le site de la Direction des études économiques et de l’évaluation environnementale.

Les abeilles pollinisent de nombreuses plantes cultivées ou sauvages, c’est-à-dire qu’elles participent à l'échange de pollen entre deux fleurs différentes : le pollen, dit simplement, est l'élément mâle de la plante qui réuni avec le l'élément femelle de la fleur (l'ovule) fécondera celle ci pour donner le fruit ou la graine. Or, à elle seule, l’abeille pollinise plus de 80% des espèces végétales dans le monde. En cela, elle est donc un partenaire essentiel et précieux dans l’équilibre des écosystèmes et la gestion durable de la biodiversité.

Le dispositif mis en place à l’aéroport de Lyon Saint-Eupéry, après avoir obtenu le feu vert de l’Aviation civile, a donc pour objectif de surveiller l’état de l’environnement et son évolution et, plus précisément, d’évaluer la pollution atmosphérique afin de protéger une espèce déjà victime de prédateur tel que le frelon d’Asie, de parasites, et de raréfaction des plantes mellifères c’est-à-dire celles dont elle utilise le nectar pour fabriquer le miel. Le Comité de coordination et de contrôle de la pollution atmosphérique de la région lyonnaise (Coparly) et l’Association de développement de l’apiculture en Rhône-Alpes (Adara) ont réalisé ensemble l’étude de faisabilité de cette installation pour déterminer tout à la fois la taille du rucher, les choix des traceurs et le protocole de mesure.

Quelque trois cents vols quotidiens

«Il s’agira d’analyser le miel et le pollen en y recherchant des traces d’hydrocarbure (…) et de métaux lourds», a indiqué Lionel Lassagne, directeur du développement durable de l’aéroport de Lyon. Les produits de la ruche seront prélevés tous les trimestres par l’apiculteur et adressés trois fois par an, sauf en hiver –époque pendant laquelle les abeilles sont au repos-, à la Coparly. Ce Comité dispose, depuis 2004, d’un capteur fixe en bout de piste d’atterrissage pour analyser la qualité de l’air et pour contrôler la qualité des champs de blé, d’orge et de colza situés autour de l’aéroport, soumis aux dépôts de polluants des quelque trois cents vols quotidiens. Grâce à cette étude, les abeilles «nous permettront de connaître l’impact des activités de l’aéroport sur son environnement», explique Lionel Lassagne.

En effet, l’analyse du miel et du pollen permettra de répertorier l’ensemble des plantes environnantes butinées dans un rayon de deux kilomètres et de suivre ainsi l’évolution de la flore année après année. Au nord de l’aéroport : fleurs champêtres, cosmos et lin rouge. Joignant l’esthétique à utile, l’aéroport s’apprête, pour favoriser la biodiversité, à semer plus de cinq hectares de jachère fleurie qui apporteront un complément nutritif aux abeilles.

Pour en savoir plus

Reconnaître l'abeille

L'abeille

L’abeille domestique est souvent confondue, à tord, avec sa cousine la guêpe. La guêpe est effilée et sa couleur tend vers le jaune. L’abeille, plus trapue, est de couleur brune voir noire. Mais c’est surtout leur régime alimentaire qui les différencie. L’abeille est exclusivement végétarienne, seuls le nectar et le pollen produits par les fleurs l’intéressent. L’abeille est de nature défensive, elle ne pique que lorsqu’elle doit protéger son nid. Elle meurt après avoir piqué.

La Guêpe

La guêpe est omnivore avec une tendance franchement carnivore. Adulte elle se nourrit de nectar, de sève sucrée ou de jus de fruits mûrs. Mais pour nourrir ses larves, la guêpe chasse des insectes ou ramène des morceaux de viandes qu'elle mastique avec ses mandibules. La guêpe n’hésite pas à venir se battre à notre table, pour emporter un petit peu de confiture ou un petit bout de viande. La guêpe est beaucoup plus agressive, elle utilise ses mâchoires et son dard pour attraper et tuer ses proies. Elle peut piquer plusieurs fois.

Le bourdon

Le bourdon, qu'il ne faut pas confondre avec le faux-bourdon qui lui est le mâle de l'abeille, est également de la même famille que l'abeille et la guêpe, c'est aussi un insecte social. Le bourdon a le même régime alimentaire que l'abeille, mais lui ne fait pas de réserve de miel, car seule la reine de la colonie bourdons passe l'hivers au fonds d'un trou trouvé dans la terre ou dans un arbre. Il se caractérise par une forme trapue au pelage très poilu, avec de larges bandes jaunes et noires. C'est grâce à cette pilosité abondante qu'il supporte bien mieux le froid, c'est pour cette raison que l'on peut l'observer butiner dès les premières heures du matin ou par temps froids. Malgré un dard lisse lui permettant de piquer sans mourir, le bourdon est très pacifiste, il n'a pas du tout le caractère agressif de ces cousines.

Abeille et biodiversité

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Le phénomène de surmortalités et de dépérissement des colonies d’abeilles est un dossier qui ne peut laisser personne insensible. Chacun en effet aurait beaucoup à perdre si ces infatigables ouvrières continuaient de disparaître : les agriculteurs, avec la diminution des rendements de certaines cultures, le grand public, avec l’inévitable disparition des couleurs des campagnes si les butineuses n’assurent plus leur nécessaire travail de pollinisation, et bien sûr les apiculteurs, qui pour certains vivent de la production de miel : Nous devons tous nous sentir concernés.

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Les abeilles, amies de l'environnement

Insecte pollinisateur majeur, l’abeille est indispensable au fonctionnement des écosystèmes, à la biodiversité florale et faunistique et à l’agriculture. L’abeille s’avère également un indicateur biologique exceptionnel, une véritable sentinelle de la qualité de notre environnement. C’est un ingénieur écologique et agronomique irremplaçable. Mais aujourd’hui, la pérennité de l’abeille et des autres insectes pollinisateurs est menacée. L’utilisation de certains pesticides hyper-toxiques utilisés en agriculture, mal évalués, décime chaque année des milliards d’abeilles depuis près de dix ans ! La disparition de l’entomofaune pollinisatrice engendrerait une catastrophe écologique sans précédent pour l’avenir de l’Humanité… Or, l’abeille ne bénéficie d’aucune protection particulière qui permettrait enfin de la préserver de son plus grand prédateur, qui n’est autre aujourd’hui que l’homme !

Et ces insecticides sont également toxiques pour l’environnement et très fortement suspectés pour la santé humaine

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C'est quoi le miel ?

Le miel est une substance sucrée fabriquée par les abeilles à l’aide du nectar des fleurs. Composé à plus de 80 % de glucides, c’est un aliment riche en énergie et relativement pur. En fait, on y retrouve principalement deux sucres : le fructose et le glucose. Deux sucres simples qui ne nécessitent aucune digestion et qui sont facilement et directement assimilés par le corps.